La pédagogie à l’école des différences. ESF, 1995.

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La différenciation et le respect des différences

La différenciation passe par la prise de conscience et le respect des différences, par l’écoute active, par le droit de s’exprimer librement et d’être entendu, par la possibilité pour chacun de trouver une place, d’être reconnu par le groupe, quelles que soient ses compétences scolaires ou ses appartenances culturelles, La composante affective des relations interpersonnelles importe non seulement entre le maître et chaque élève, mais entre ces derniers, et entre chacun et le groupe.

L’individualisation des interventions et des activités ne suffit pas leur donner un sens. Une activité facilement maîtrisée n’est plus guère motivante, sauf si elle trouve un autre moteur, compétition ou conformité sociale, par exemple. Inversement, une tâche inaccessible confirme le sentiment d’échec et démobilise l’élève.

À la recherche de telles activités le souci de différenciation ajoute une difficulté : le sens d’une activité ou d’une situation varie d’un enfant à l’autre, selon sa personnalité, ses aspirations, ses intérêts, son capital culturel, son rapport au jeu et au travail. Il faut donc différencier suffisamment les activités globales ou les rôles individuels dans le cadre de celles-ci pour que chacun y trouve d’abord un sens, ensuite l’occasion d’apprentissages eux aussi significatifs.

À une conception étroite de la différenciation qui la limiterait à une individualisation accrue des interventions et des activités, Perrenoud opposerait une définition large incluant :
  • l’individualisation dans certains domaines;

  • la médiation par l’enseignement mutuel et le fonctionnement coopératif en équipes et en groupe-classe;

  • le respect des différences et la construction de relations interpersonnelles positives au sein du groupe-classe;

  • la recherche d’activités et de situations d’apprentissage significatives et mobilisatrices, diversifiées en fonction des différences personnelles et culturelle.
Pour gagner ce pari, deux conditions majeures pour les équipes de travail:
  • à l’intérieur, trouver des formes de communication et d’échanges encore plus efficaces, entretenir une mémoire collective et assurer la coordination non seulement dans le domaine de la gestion globale du projet, mais dans celui du fonctionnement et de l’organisation des équipes, de la didactique, du matériel, etc.;

  • à l’extérieur, avoir du temps et n’être pas continuellement menacés par des interpellations, des redéfinitions de la situation, des procès d’intention, des retraits de ressources ou de degrés de liberté.