|
La pédagogie à l’école des différences. ESF, 1995.
7/7
Différenciation ou équité formelle?
Différencier, c’est par définition ne pas accorder à chacun la même attention, le même temps, la même énergie.
Différencier, c’est être confronté souvent à une certaine distance culturelle, c’est gérer une certaine tension avec des élèves rebelles à tout apprentissage, c’est surmonter tant les moments de découragement que l’ennui inhérent à la répétition des mêmes explications, au suivi de tâches élémentaires, aussi fondamentales soient-elles…
Enseigner, c’est pour beaucoup de maîtres, vivre «au centre» d’un groupe d’enfants, l’animer, le faire fonctionner, lui donner une âme, un rythme, une organisation. Or, pour différencier, il faut limier le temps passé en grand groupe, qui n’est en général pas très profitable aux élèves en difficulté. Cela oblige certainement à sacrifier des aspects gratifiants du métier d’enseignant, à faire éclater le groupe chaque fois qu’une tâche unique marginalise les élèves en difficulté. Le maître devient personne-ressource, coordonnateur d’activités décentralisées. Il reste chef d’orchestre, mais tous les élèves ne jouent plus ensemble…
|
|