La pédagogie à l’école des différences. ESF, 1995.

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Ambiguïtés de la différenciation

La différenciation de l’enseignement se heurte à des obstacles connus : effectif des classes, cloisonnement des degrés, manque de moyens d’enseignement individualisés, flou artistique ou silence des méthodologies à ce sujet, absence d’objectifs clairement définis, système d’évaluation inadéquat, insuffisance de la formation de base et continue en matière d’enseignement différencié, importance du travail de préparation, difficultés de gérer en classe des activités de niveaux et de contenus divers, contraintes de l’horaire scolaire. Ces obstacles, bien réels, ne signifient pas que la différenciation est impossible.

Si la différenciation ne peut obéir uniquement à la règle « à chacun selon sa demande » ou «à chacun selon ses besoins», quel doit être alors son principe régulateur? Comment le maître peut-il savoir à qui accorder le plus de temps et d’attention? Différencier son enseignement, c’est inévitablement rompre avec une forme d’équité, c’est s’intéresser davantage à certains élèves, passer plus de temps avec eux, leur fournir plus de sollicitations, leur proposer des activités différentes, les juger selon des exigences proportionnées à leurs possibilités.