La pédagogie à l’école des différences. ESF, 1995.

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Pédagogies différenciées

Perrenoud suggère une définition possible de la différenciation de l’enseignement : différencier, c’est organiser les interactions et les activités, de sorte que chaque élève soit constamment ou du moins très souvent confronté aux situations didactiques les plus fécondes pour lui.

Distinguons d’abord deux cas de figures, selon qu’on vise ou non les mêmes types de maîtrises chez tous les élèves :
  • si l’on vise les mêmes maîtrises, les élèves suivront sinon un curriculum unique, du moins des chemins conduisant en principe aux mêmes compétences; Perrenoud parle alors de différenciation restreinte;

  • si l’on ne vise pas les mêmes maîtrises, on répartira en général les élèves en filières, groupes de niveaux, ou cours à options, dotés chacun d’un curriculum spécifique; Perrenoud parle alors de différenciation étendue;
En ce qui a trait à la problématique de la différenciation restreinte, dans le cadre d’objectifs communs, il souligne d’emblée :
  • qu’elle ne condamne pas à l’uniformité des contenus; on peut atteindre les mêmes maîtrises par des itinéraires divers; la différenciation restreinte porte donc sur le curriculum comme suite d’expériences formatrices;

  • qu’elle voue moins encore à l’uniformité des rythmes de progression, des démarches et des contrats didactiques;

  • qu’elle ne veut donc pas dire «plus du même», ne se borne pas au soutien ou aux remédiations classiques;

  • qu’elle n’est pas davantage synonyme d’individualisation de l’enseignement; certes, il n’y a pas de différenciation sans gestion plus individualisée des processus d’apprentissage; cela ne signifie pas que les élèves travaillent seuls ou face au maître seulement, mais que les régulations et les parcours sont individualisés;

  • enfin, qu’elle ne peut être enfermée dans aucune méthodologie, aucune classe d’âge, aucune catégorie de contenus ou de maîtrises.